Vous vous en doutez, les québécois ne parle pas français tout à fait comme nous (en fait même pas du tout comme nous !)
Je ne vous ai pas jusqu’ici parlé de cet aspect qui fait très cliché mais mieux vaut tard que jamais.
Il ne s’agit là que d’une sélection mes petites observations personnelles. Pour ceux, que le sujet intéresse il y a tout un tas de bouquins sur la
question…
Je vous rapporte ici que des expressions, des mots, des tournures de phrases que j’entendais plusieurs fois par jour, et dont il ne faudrait plus grand chose
pour que je me mette à les employer à mon tour. Il y a aussi plein de mots ou d’expressions qu’ils emploient et nous pas. Mais je n’ai malheureusement
pas pris de notes je ne me souviens donc pas de tout.
Voilà donc que du très quotidien, une sorte de best of :
- prendre une chance : à
la place de prendre un risque
- c’est le fun : c’est
bien, c’est cool employé à longueur de journée
- c’est pas pire : ben
là, ça veut dire ce que cela veut dire, je ne saurais pas vraiment « traduire » ou peut être juste par « ça va » !
- ça a pas d’allure :
idem ci dessus, employé à tout bout de champ
- ça a pas de bon sens :
idem
- c’est correct :
idem
- c’est bô : pour ok,
d’accord. Là, il y a un peu débat entre Aude et moi. Elle pense qu’en fait ils disent c’est bon mais qu’avec l’accent cela donne c’est bo. Moi pour avoir entendu la secrétaire le dire 300 fois
par jour, je pense vraiment qu’elle dit c’est beau.
- Bienvenue : à la place
de « de rien » (ex : - Merci, - Bienvenue)
- Cute : le mot anglais,
pour c’est mignon, très employé !
- Fucky : aussi un mot
anglais, là c’est du langage plus relâché, prononcé souvent en voiture par Marie-Hélène. Je pense qu’elle dit ça comme moi je dirai il est « teubé »
- Avant midi : pour
matin, ils comprennent bien le mot matin et ne vous reprennes pas mais utilise eux toujours le mot avant midi (qui une fois n’est pas coutume est de l’anglais traduit et donc est bien moins
« français » que le mot matin.)
- fin de semaine : qui
pour le coup est bien plus français que week-end
- c’est plate : c’est
naze, c’est nul, pas intéressant, employé à qui mieux mieux…
- faire l’épicerie :
faire les courses
- magasiner : faire du shopping, j’adore ce mot et continuerai à l’employer en France
- bonjour : pour dire au revoir, à ça je ne m’y fait pas
- mitaines : gants
- jaser : qui ne veut pas dire commérer mais juste parler, j’aime beaucoup ce mot aussi
- déjeuner : petit déjeuner
- dîner : déjeuner
- souper : dîner, repas du soir
En vrac :
- le tutoiement est de
rigueur partout, tout le monde, tout le temps, ça aussi j’ai vraiment du mal à m’y faire…
- L’accent est
vraiment fort, parfois en réunion ou lors d’une présentation si je baissais mon attention et ma vigilance avec certaines personnes je pouvais avoir l’impression que c’était une langue totalement
étrangère.
- Parfois avec
l’accent je prenais un mot pour une autre. Pas plus tard qu’hier débat autour de la controverse qu’il y a eu ici à propos de la couleur de la marguerite. Au bout d’un moment, je comprend de moins
en moins le sens de la conversation. J’interroge. En réalité, il s’agissait de la margarine et non pas de la marguerite.
- Merci Québécois de
ne pas employer « au jour d’aujourd’hui »
Plus
particulièrement sur le vocabulaire lié à mon métier : pour les gens qui viennent à l’hôpital on dit : malade, patient, usager. Ici, ce sont des clients. En France personne emploi ou ose
employer ce terme. Personnellement, je trouve que le terme de client est un peu suranné. A Pinel, le client type est : un détenu qui vient pour une expertise (aptitude à subir son procès ou
responsabilité) ou un patient violent qui atterrit là car il a tabassé tous les psys et infirmiers du québec. Alors, client, ouais, faut pas charrier. Enfin, tant qu’ils ne leurs donnent pas de
cartes de fidélités, pourquoi pas. En tout cas client, cela remet bien les choses à leur place. L’hôpital doit être servir du malade (et pas l’inverse) alors après tout pourquoi pas…